Depuis l’annonce de Mark Zuckerberg sur le changement d’identité de sa société Facebook en Meta, l’encre ne cesse de couler sur le concept de “Metaverse”, un monde alternatif virtuel et immersif.

Ce nouvel Internet, encore aux prémices de son succès, a pour vocation de révolutionner notre quotidien. Nous essayons dans cet article de décrypter ce concept et ainsi comprendre le potentiel impact porté sur l’apprentissage.

Metaverse : de quoi s’agit-il ?

Metaverse : un monde en réalité virtuelle

Un terme qui nous ramène 30 ans en arrière

Metaverse c’est tout d’abord la contraction de  “Meta” et “ Univers”.

Dérivé du grec μετά, Meta englobe un large éventail de significations, telles que « avec », « après », « à côté », « sur » et « au-delà ». Meta peut également désigner un changement de lieu ou d’état, comme dans la métamorphose.

Le terme apparaît pour la première fois en 1992 dans le livre Le samouraï virtuel publié par l’auteur américain Neal Stephenson. L’écrivain y décrit un monde parallèle et immersif, mêlant réalité virtuelle et réalité augmentée. 

Le film Ready Player One, adapté du roman Player One d’Ernest Cline paru en 2011, reprend également les codes du Metaverse illustrant “une société virtuelle dont tout l’humanité se sert comme exutoire”.

L’amalgame de trois composants essentiels

  1. La réalité virtuelle, connue sous le nom de VR, pour simuler l’environnement virtuel dans lequel les utilisateurs évoluent. Cette technologie informatique reproduit artificiellement les expériences sensorielles. 

Pour cela vous avez besoin d’équipement comme un casque de réalité virtuelle permettant de vous immerger dans un environnement, ou encore un gant haptique comme celui que développe actuellement Meta pour donner l’illusion du toucher.

  1. La réalité augmentée (“Augmented Reality” ou “Reality Blending”) permet quant à elle d’ajouter des éléments virtuels à notre environnement réel. 

On se souvient tous du jeu vidéo mobile Pokemon Go qui permet de faire apparaître les pokémons en scannant les rues lors de balades pédestres. Le principe permet donc de projeter ces éléments virtuels autour de nous à l’aide de nos téléphones et autres appareils.

  1. L’intelligence artificielle, ou IA, repose sur des algorithmes simulant l’intelligence humaine pour ainsi créer des technologies nécessaires dans le Metaverse. 

Le Metaverse concrètement

Le PDG de Meta exprime que le Metaverse n’a pas pour but de remplacer la réalité à terme mais de l’augmenter, c’est-à-dire ajouter du virtuel au monde réel.

Il existe d’ailleurs beaucoup de points communs entre les jeux vidéo et le Metaverse. Un univers virtuel où tout est possible, un jeu vidéo géant à l’échelle de l’univers n’ayant ni fin ni commencement où tout se passe en temps réel. 

Pour exister dans ce monde vous avez besoin d’un avatar :  une représentation virtuelle de votre personne qui peut se décliner sous une multitude de possibilités (Genre, sexe, ethnies, etc.).

Au départ il y aura plusieurs Metaverse, chaque entreprise proposera des services à son échelle autour de son domaine de prédilection. Le défi sera alors de créer une compatibilité entre les différents univers virtuels et ainsi n’en faire qu’un.

Il existe des technologies qui permettent notamment l’interopérabilité entre ces différents univers comme les NFTs, jetons uniques donnant la possibilité de matérialiser la possession d’un bien / asset numérique. Ils reposent sur la blockchain, technologie qui permet d’avoir la certitude qu’un jeton appartient à telle ou telle personne. Déjà bien développées, on imagine qu’elles seraient les piliers de l’économie au sein du Metaverse.

Une fois les équipements portés (casque, lunettes, gant, etc.) et/ou activés (téléphone, ordinateur, tablette, etc.), on peut imaginer jouer aux échecs avec papie à l’autre bout du pays, tenir une réunion entre collègues de travail dans un lieu créé de toute pièce au beau milieu de l’espace, ou encore littéralement se balader dans le corps humain en réalité virtuelle avec les commentaires d’un grand chirurgien en direct depuis un amphithéâtre.

Metaverse : casque et gants de réalité virtuelle

Les questions à se poser

Bien que l’idée d’un monde où tout est permis soit alléchant, elle laisse justement la porte ouverte à certaines limites et questionnements : 

Qui sera chargé de la régulation d’un tel univers ? Comment seront gérés les dérivés par ces usages ? Qui hébergera les serveurs et quelle consommation énergétique cela représente-il d’un point de vue écologique ? À qui appartiennent les données et contenus générés dans le Metaverse ? Que se passe-t-il si l’économie réelle devient trop dépendante d’un monde virtuel ? Comment continuer à prendre goût au monde réel si on peut tout faire dans le Metaverse ? N’y a-t-il pas un risque d’addiction au point de ne plus faire la différence entre les deux univers ?

Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il n’y aura pas d’adoption de masse sans équipements accessibles qui se fondent dans notre quotidien.

Quel impact sur le monde de l’apprentissage ?

Des prouesses déjà saluées

Alors que l’industrie mondiale dans son ensemble en est encore aux prémices d’une telle prouesse qu’est le développement d’un Metaverse, les technologies précédemment mentionnées (VR, réalité augmentée et IA) ont déjà un impact considérable sur un domaine d’activité en particulier : la formation et le développement des compétences numériques en entreprise. 

La réalité virtuelle permet non seulement de rendre l’apprentissage plus ludique, mais c’est également un réel atout dans le Metaverse pour les apprenants ayant des besoins spéciaux et pour les apprenants handicapés. 

La réalité augmentée permet par exemple aux apprenants de numériser les pages d’un manuel pour faciliter la compréhension d’un sujet, les entreprises et écoles peuvent concevoir des supports affichant des QR codes permettant de tirer parti de l’utilisation de la réalité augmentée.

L’intelligence artificielle quant à elle facilite non seulement l’expérience d’apprentissage, mais réduit également la charge des enseignants, formateurs et autres personnes responsables du développement des apprenants. L’IA décuple les possibilités en proposant par exemple de noter les apprenants sans l’aide de l’enseignant.

 

D’un point de vue pédagogique, l’intelligence artificielle innove surtout en ouvrant la porte à une personnalisation de grande échelle. On peut détecter les forces et faiblesses de l’apprenant, modifier le contenu ou la méthodologie et ainsi améliorer les résultats, voire jumeler un apprenant au formateur ou partenaire le plus approprié, sur la base de l’interaction réalisée avec le contenu.

Aller plus loin avec le Metaverse

Metaverse : exemple de Ready Player One

La nécessité d’apprendre des sujets complexes augmente considérablement la dépendance à l’égard de la technologie. Le Metaverse fournit de nouvelles méthodes d’engagement interactives, ce qui permet aux gens d’apprendre plus rapidement, d’augmenter la rétention d’informations et d’apprécier réellement le processus. 

Grâce au Metaverse, il est possible d’apprendre des sujets très techniques tant il a la capacité de recréer avec précision un environnement, simuler des scénarios réels ou encore une période de l’histoire par exemple.

Les utilisateurs apprennent de manières différentes, et la réalité mixte (reality blending) offre de nombreuses opportunités d’apprendre, de maintenir et de changer leur façon de travailler.

Le Metaverse fait même allusion à la possibilité de permettre aux utilisateurs de créer leurs propres mondes où ils peuvent partager leur expérience avec d’autres apprenants. L’enseignant ou formateur devient alors facilitateur, il reste un partisan essentiel de l’enseignement, de l’apprentissage et de l’éducation. 

Ainsi, le Metaverse dans le cadre de l’apprentissage couvre un large éventail de possibilités, de la présence entre les murs d’une salle de classe à celle dans un monde virtuel. L’intégration du Metaverse, rend l’avenir de l’éducation plus efficace et plus fascinant que jamais !

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